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Top secret

 
               Top secret  Les habitants de Laghouat se sont habitués, malgré eux, à vivre et à voir des chantiers qui creusent partout à l'intérieur de la ville. C'est devenu une banalité. Ils l'ont accepté.Un de ces chantiers est à la recherche du rien, à l'Oasis Nord, l'un des plus grands quartiers de la ville. On creuse, oui, on creuse encore et toujours la route "trig 17", où passe le bus 17. C'est un véritable champ de bataille. Des monstres de ferraille et des hommes masqués qui me rappellent "les raisins de la colère" de John steinbeck sont en train d'achever la route. Ils agressent le sol, les passants, les maisons, les quelques arbres. Des monstres de fer et d'acier  éventrent le sol,  avalent la terre, hurlent, grincent. Ils ont pour mission de poser une canalisation des eaux pluviales. Des grandes conduites gisent sur le sol. Où doivent  elles mener? Personne ne le sait sauf peut être ce jeune (jeu de mot) " itihou fi labhar" , elles se jettent dans la mer. Ils sont à la recherche d'un trésor dirait -on. Hadj Bouhafès, rabi yarhmou, a dit  une phrase très significative"si j'avais su qu'on aurait tellement creusé Laghouat, je l'aurais semée de blé".

            Donc, moi, votre serviteur, ce chroniqueur tordu , à la gomme, j'ai essayé de comprendre, de faire l’intéressé et l’intéressant . Curieux comme je suis, j'ai posé la question qu'il ne fallait pas posé. j'ai demandé à "un robot" qui paraissait être le  maalam (chef), pourquoi vous creusez? Il m'a regardé de haut. Il m'a scruté de la tête aux pieds. Il a regardé vers le masqué qui conduisait la machine. " Tu goules ou tu goules pas?(  Boubagra n'est pas loin.) " pensé-je tout bas. Puis se tourna vers moi et dit ":  at ta ssiou, ne te creuse pas la cervelle c'est TOP sicri (attention, top secret) ".

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