• Contes de M' Aicha

         Salamou alikoum, M'Aicha c'est simplement ma mère dont le prénom est Aicha, rabi yarhamha. Elle nous a racontés énormément d'histoires fantastiques que nous , enfants, nous avons vraiment aimé et dégusté. Nous attendions impatiemment le soir après le diner pour nous mettre autour de notre chère maman qui se mettait à raconter avec beaucoup de manières,  les contes que sa mère, notre grand mère, lui a racontée. Nous nous assoyions très serrés pour ne rien perdre de l'histoire  car Mâ Aicha n'élevait jamais la voix. Plus qu'on s'approfondi dans l'aventure plus on a sommeil. C'était notre télé, à nous, à l'époque où il n'y avait pas de télé à Laghouat. Et ainsi va la vie.

  •                 Ma mère Aicha (c’est son vrai prénom wallah) rabi yarhamha, racontait chaque soir des histoires à dormir debout, elles ne l’étaient pas pour nous, enfants à l'époque,. Nous, on dormait les yeux ouverts à cause de ses histoires. Elle racontait toujours ou presque les mêmes histoires et nous les adorions. On s'en foutait pas mal pourvu qu'elle n’arrêtait pas de raconter. Une histoire m'a vraiment marqué au point où je voudrai la raconter à mon tour à mes enfants et mes petits enfants. Hélas, ils n'en veulent pas. Ils préfèrent regarder des chaines pour enfant à la télé. Donc j'ai décidé de la raconter ici.
    Il y avait un prince qui vivait dans la fortune de son père, le Roi. Il n'avait qu'à claquer des doigts pour avoir ce qu'il voulait mais il était terriblement triste. Oui, très triste même. Son père le Roi avait fait venir les médecins, les sages et même les mages et les charlatans mais en vain. Un jour, en se promenant aux alentours du palais, le prince rencontra un mendiant qui lui demanda l’aumône. Le prince lui donna une petite pièce et lui demande :
    - Tu es heureux ?
    Le mendiant répond : « Non je ne suis pas heureux, comment veux tu que quelqu’un peut – il être heureux quand il ne trouve même pas à manger dit moi?
    Le Prince soupira longuement alors le mendiant lui demanda ce qu'il avait.
    - « Je suis triste mon ami, je cherche le bonheur. Je suis l’homme le plus malheureux sur terre. » répond le Prince.
    - « Toi tu es triste ? Toi un Prince ? » crie le mendiant.
    - « Oui moi un Prince, je n’ai pas trouvé le bonheur »
    - « Bon ok, dis le mendiant. Puis il continue, je ne suis pas un sage mais je peux donner à sa majesté un conseil. »
    - « Un conseil? bien sur vas y sait- on jamais. On peut trouver dans la rivière ce qu’il n’y a pas dans la mer » dit le Prince.
    - « Il faut que tu portes la chemise d'un homme heureux » dit le mendiant.
            Le Prince prit le conseil au sérieux et s’est mis à chercher dans tous les villages et dans toutes les villes la chemise « magique » qui rendra le prince un homme heureux. Il chercha des semaines, des mois, une année, deux … mais il n’a pas trouvé l’homme heureux qu’il cherchait. Un jour, quand il perdit espoir, adossait à un arbre ; épuisé par la recherche, il entendit un chant qui venait d’un champ de blé. Un homme chantait. Un homme chantait de bonheur. Cet homme était pauvrement habillé. Sa pauvreté se voyait. Alors, notre Prince s’approcha de lui et lui demanda s’il était heureux. Hamdoullah (Dieu merci) je travaille, je mange bien, je dors bien, ma femme et mes enfants sont en bonne santé. Certes, je gagne très peu mais hamdoullah. Alors le Prince sauta sur l’occasion et lui dit: « veux – tu me vendre ta chemise s’il te plait? »
            Mais je ne possède pas de chemise.


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  •      Les deux garçons

           Ma grand mère puis ma mère nous ont racontés cette histoire extraordinaire que nous avons tant aimé et que nous l'écoutions et la réécoutions sans s'ennuyer.  

            On racontait qu'il y avait dans un passé lointain, deux garçons, H'med et Mhamed, deux frères, qui ont grandi ensemble. Ils n'ont jamais connu leur père car il était mort à leur naissance et leur mère a du être la mère et le père en même temps. Il y avait  un secret que seul leur mère connaissait: un des deux garçons était un fils adoptif mais qui ? Personne ne le savait même pas leur mère.

           H'med et Mhamed passait la grand majorité de leur temps à la chasse. Ils avaient chacun un beau étalon, un fusil, un pistolet, un sabre, un épervier et un sloughi, un chien de chasse arabe. Ils partaient très tôt le matin, ils passaient pratiquement la matinée dans la foret et vers midi, ils allaient se reposer et manger dans une clairière où il y avait une source d'eau fraiche. Ils nourrissaient aussi leurs bêtes.

             Le stratagème de la sorcière

           Un jour, pendant qu'ils étaient occupés à tuer les pauvres bêtes, une vieille femme qui avait du plaisir à faire du mal rendit visite à leur mère chez elle. Pendant qu'elles prenaient un café, cette sorcière demanda à la mère si elle connaissait son vrai fils c'est à dire celui qui n'était pas adoptif. La mère s'est mis en colère et lui répondit que tous les deux étaient ses enfants et cela lui suffisait et elle l'a priée de ne plus jamais reposé cette question.

         Quelques jours plus tard, la vieille est revenue revoir la mère. Elle a reposé la même question seulement cette fois, elle a préparé la mère en lui disant que ce n'était pas grave et que c'était juste pour savoir c'est tout. Elle a usé de beaucoup de tact pour arriver à convaincre la mère des deux garçons pour faire la distinction entre les deux. Ainsi, la mère naïvement et poussée aussi par la curiosité, a compris comment faire pour savoir qui est son véritable fils. La vieille méchante ne se fit pas priée, son stratagème était prêt:

    - Quand tu sens qu'ils sont sur le point de rentrer, tu mets un foulard autour de la tête, tu te couches et tu fais semblant d'être malade, ton fils viendra directement te voir et te demander ce que tu as tandis que l'autre, il ne viendra que lorsqu'il dessellera son cheval et donnera à manger à ses bêtes. 

       La distinction

          Une fois que la mère a su qui était son fils biologique, elle ne se comportait plus de la même manière avec les deux garçons. Elle était beaucoup plus intentionnée avec son vrai fils qu'avec l'autre et l'autre l'avait vite compris. 

          Une fois partis à la chasse, pendant le repas de midi, M'hamed, le fils adoptif, déclara à H'med que le comportement de leur mère n'était plus le même et qu'elle n'avait plus de considération pour lui alors il avait décidé de partir très loin. H'med était très surpris :

       - Mais mon frère, tu iras où? C'est ici ton pays, tes amis , ta famille.

       - Ma mère n'est plus ma mère, ma décision est prise, tu vois H'med, cet grand arbre, tant qu'il est vert ton frère, M'hamed, est en bonne santé mais  s'il ne l'est plus, c'est qu'un malheur a frappé ton frère.

             Sur ces phrases, M'hamed prit la route de l'inconnu et laissa son frère en larmes.

           La méduse

            M'hamed et sa petite troupe marchèrent plusieurs jours pour arriver dans un petit village de montagne. Il était loin de son pays natal, très loin. Les villageois l'accueillirent généreusement et lui parlèrent de cette créature fabuleuse qui avait le pouvoir de changer celui qui la regardait dans les yeux en pierre. Une sorte de méduse qui a transformé la moitié des habitants et beaucoup de bêtes en roc. Alors M'hamed leur promis de les débarrasser de cet être maléfique. De nombreuses personnes lui conseillèrent de ne pas y aller mais il n'écouta que son courage. Mais, hélas, parfois le courage à lui seul ne suffit pas ainsi la méduse transforma M'hamed et ses bêtes en pierre.

                                                          H'med au secours de son frère 

               De l'autre coté, très loin, de ce village, H'med s'aperçut que l'arbre dont lui avait parlé son frère était sec alors il comprit qu'un malheur a frappé son frère. Il décida de le rejoindre pour lui porter secours. Il marcha nuit et jour, enfin il arriva au fameux village. Les villageois l'accueillirent généreusement et le mirent au courant. 

     - Demain, j'irai tuer la muse et sauver mon frère, dit - il au sage du village.

    - H'med, tu dois être très prudent sinon tu vas subir le même sort que ton frère, lui déclare le chef du village. Il ne faut pas être téméraire ça ne sert à rien avec la méduse que personne ne peut tuer.

     - Il existe bien un moyen pour arriver à bout de cet être, dit - il.

     - un seul homme peut t'aider, Hamad, cet un vieil hermite qui vit tout seul sur l'autre flanc de la montagne. lui dit le chef.

                                             Le stratagème de Hamad

       Alors le jeune frère et sa petite troupe se dirigèrent vers le taudis où logeait le vieux Hamad. Une fois arrivé, il expliqua à H'med son idée qui était par ailleurs très simple. 

      - Tu dois te munir d'un miroir qui doit te servir à refléter l'horrible image de la méduse ainsi elle sera prise dans son piège: elle va se transformer en pierre. 

     

      


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